Les grandes démocraties occidentales responsables de la crise économique et humanitaire au Venezuela selon l’ONU

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Les États-Unis – sous la présidence de Trump comme sous celle d’Obama -, le Canada,  l’Union européenne et la France agissent de concert depuis 2015 pour imposer de lourdes sanctions économiques au Venezuela.

Les dirigeants de ces pays et leurs médias justifient ces sanctions en ne cessant de dénoncer un régime qui affamerait son peuple, le priverait de médicaments et des articles de première nécessité, entraînant une émigration massive dans les pays voisins.

Pourtant, Le Bureau du Haut-Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme (ACNUDH) a publié un long rapport sur la situation au Venezuela qui assure que ses problèmes sont dus, en grande partie, à la guerre économique et au blocus financier contre le Gouvernement de Nicolás Maduro.

Ainsi, la situation dramatique dans laquelle se trouve le pays serait moins le fait de la politique de son gouvernement que des sanctions imposées par les champions de la démocratie et des Droits de l’Homme, principes au nom desquels ils ont agi !

Le rapport précise que :

  • « Les effets des sanctions imposées par les Présidents Obama et Trump et les mesures unilatérales prises par le Canada et l’Union européenne ont aggravé directement et indirectement la pénurie de médicaments (…), ont causé des retards dans la distribution (des aliments, des médicaments et des articles de première nécessité) et ont contribué à de nombreuses morts. »
  • En 2017, quand le Gouvernement de Nicolás Maduro a demandé l’assistance médicale au Fonds Mondial de Lutte contre le SIDA, la Tuberculose et la Malaria, mais que celle-ci lui a été refusée sous prétexte que le Venezuela « continue à être un pays à haut revenu. » Il faudrait savoir !
  • L’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) a émis 2 rapports récemment – en décembre 2017 et en mars 2018 – qui indiquent que le Venezuela ne fait pas partie des 37 pays du monde qui vivent actuellement une crise alimentaire. Et pour cause : celle-ci est directement provoquée par les sanctions économiques et le blocus subit par le pays !

Son auteur, Alfred-Maurice de Zayas, diplomate et expert indépendant de l’ONU, note que « pendant ces 60 dernières années, des guerres économiques ont été livrées contre Cuba, le Chili, le Nicaragua, la République Arabe de Syrie et la République Bolivarienne du Venezuela pour faire échouer leurs économies, faciliter le changement de régime et imposer un point de vue économique néolibéral pour discréditer les Gouvernements sélectionnés. »

La liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes s’arrête donc là où les démocraties néolibérales le décident.

Bien entendu, il est indispensable que les opinions publiques ne connaissent pas la vérité et pensent que leurs dirigeants agissent pour le bien du peuple vénézuélien. C’est pourquoi Alfred-Maurice de Zayas assure que ces sanctions sont accompagnées par la manipulation de l’opinion publique grâce à de « fausses informations, » à des relations publiques agressives et une rhétorique pseudo-humaine.

L’expert rappelle que « les sanctions économiques qui touchent des populations innocentes contreviennent à l’esprit et à la lettre de la Charte des Nations Unies, » c’est pourquoi il suggère de faire une enquête appropriée sur l’ingérence internationale au Venezuela et appelle les pays du monde à apporter leur aide : « La solidarité internationale envers le peuple vénézuélien devrait faciliter la libre circulation des aliments et des médicaments pour pallier la pénurie actuelle. L’aide doit être vraiment humanitaire et ne pas poursuivre des buts politiques ultérieurs » ajoutant que « les États riches devraient faciliter l’assistance humanitaire en coordination avec des organisations neutres » puisque « la priorité est d’aider vraiment les Vénézuéliens en respectant la souveraineté de L’État. »

Gageons que cela restera malheureusement un vœu pieux. D’ailleurs, quel média français a relayé ce rapport ?

https://www.legrandsoir.info/venezuela-l-onu-affirme-que-la-situation-est-due-a-la-guerre-economique.html